Les Issers


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Décadence d’une ville historique

Décadence d’une ville historique
Il ne fait pas bon vivre dans cette commune qui manque de tout, selon ses habitants. Les Issers, une commune qui tire son nom du mot berbère « Ighzer » (oued), est située à 60 km à l’est d’Alger, à 40 km à l’ouest de Tizi Ouzou et à 23 km à l’est de Boumerdès, le chef-lieu de wilaya à laquelle elle est rattachée depuis le découpage administratif de 1984.

Elle est traversée par deux oueds importants : l’oued Isser et l’oued Djemaâ qui, venant des montagnes de Beni Khalfoun au sud, se jette dans l’oued Isser. Depuis sa création en novembre 1871, cette ville stratégique et très riche en événements historiques, a subi de profonds changements et a enregistré une croissance accompagnée parfois d’embûches et d’incohérences. De petite ville qu’elle était dans les années 1960, Isser s’est transformée, en un laps de temps, en un important centre urbain à l’échelle de la wilaya. Lorsqu’il fait beau, les différentes artères grouillent de monde et un véritable mouvement s’empare, comme d’habitude, du marché hebdomadaire. Un important marché dont l’histoire remonte au IXe siècle et qui se tient chaque jeudi, depuis 1886, sur la rive droite de l’oued Djemaâ. Etendu sur une surface très limitée, ce souk intra-muros, auquel la commune doit en partie son développement est le plus important de toute la région. Des bruits sonores dus à la célèbre vente à la criée s’amplifient avec le brouhaha et les interminables discussions des marchands. Ici, les produits sont tellement chers que la majorité des clients en ressort bredouille. Le côté réservé aux marchands de bestiaux n’arrive plus à contenir le nombre important de bêtes proposées à la vente. A l’issue de la journée, ce marché devient la source d’une grande pollution. La saleté partout. Les amas de détritus. Les ordures jonchent tous les coins : spectacle navrant, odeurs nauséabondes. « Vous voyez, ces déchets et cette saleté qui prend de l’ampleur, resteront comme ça jusqu’à la semaine prochaine et la solution à ce problème n’est pas pour demain », lance un détaillant d’épices qui déplore l’implantation dudit marché au centre-ville. L’espace couvert qui abrite 20 étals de fruits et légumes s’est transformé en un petit marché pour les « trabendistes ». Des boutiques sont accolées aux murs intérieurs sans qu’aucune autorité ne daigne lever le petit doigt. « Bientôt nous allons transférer le marché de bestiaux et nous ferons tout pour remettre de l’ordre au marché couvert », déclare le P/APC Omar Chetta, élu sur la liste des indépendants. Au sortir, c’est le boulevard Amirouche, le plus long de toute la commune. Le laisser-aller, conjugué à l’absence d’autorité ont fait que la chaussée est partiellement accaparée par les propriétaires et les boutiquiers avides d’espace. Un fait qui est devenu, désormais, une constante chez tout commerçant. Des citoyens attablés autour d’un café parlent « politique », notamment sur les nouvelles de la région. Au début de la colonisation française, la commune était constituée de groupements de tribus qui vont se transformer et devenir de grandes agglomérations dont le nombre dépasse une dizaine aujourd’hui. La population des Issers dépasse les 35 000 habitants, et sa surface est de 67,03 km2. Chaque village a son association qui a comme première tâche de régler tous les problèmes et les difficultés auxquels font face les villageois, et ce, en collaboration avec les autorités locales.

Les problèmes

Cité des 104 logements, toujours boulevard Amirouche, deux jeunes adossés au mur nous parlent de leur ville : « Nous avons vu que des travaux d’aménagement urbain et de peinture ont été effectués de manière superficielle. Nous voulons du concret. Allez voir nos cités, elles sont trop sales et notre cadre de vie est tellement menacé », lance Sofiane, un habitant de la cité, qui déplore le manque d’eau potable dans sa cité, et ce, en dépit de leur raccordement au réseau de Taksebt. « C’est terrible qu’une ville dont le budget communal uniquement atteint 20 M DA n’arrive pas à se défaire du phénomène de la saleté qui la pourchasse depuis plusieurs années », lance Farid en soulignant que le développement passe d’abord par une victoire sur l’insalubrité. A quelques mètres d’ici, un projet de logement à la traîne attire les regards. Ce sont des coopératives. Un projet qui est abandonné depuis le séisme de mai 2003. « C’est trop compliqué, et si enquête il y aura, on découvrira qu’il y a à boire et à manger », tempête un groupe de jeunes à l’unisson. De l’autre côté, des locaux commerciaux viennent tout juste d’être achevés. 70 au juste. Ils seront attribués incessamment, dit le P/APC en précisant que le reste est à 20% d’avancement. Mais qu’en est-il du projet des 320 logements implantés à la sortie sud de la ville, dont 126 ont été attribués depuis des mois ? Les habitants s’interrogent sur les retards qui n’ont que trop duré, tandis que le P/APC annonce 20 logements sociaux qui seront attribués prochainement. « J’habite dans une maison que j’ai louée à un particulier depuis que les terroristes ont subtilisé mon arme, en 2002. Et je n’ai jamais cessé de réclamer un chalet où loger ma famille, en vain », se plaint Rabah Mézir, un fils de chahid et membre des GLD de Timezrit rencontré devant le siège de la daïra. Dans cette commune, les problèmes liés à l’environnement, au logement, à la santé sont légion. Les habitants parlent du stade qui n’est pas aménagé depuis 1923, date de sa construction par les Français et de la salle omnisports qu’ils attendent depuis trois ans. Ils réclament l’hôpital qu’on leur a promis depuis des années et une piscine qui tarde à être réalisée. Les villageois se plaignent quant à eux, de l’état des routes desservant leur village, notamment l’axe reliant les villages Bouider et Chlouth au chemin de wilaya n°151, et celui reliant les villages Iouanoughen et Aït Sidi Amara, à la limite de la commune de Timezrit. En somme, il y a des manques dans tous les domaines, s’accordent à dire les citoyens qui nous invitent à parler de l’hôpital et de la salle de cinéma. « Personne n’a jugé utile d’ouvrir la salle de cinéma de la ville pour ressusciter les journées théâtrales de la ville d’Isser d’antan », dira Moussa, le président de l’association Cirta avec un profond désarroi. Mêmes doléances, même spectacle et mêmes revendications au niveau des cités 48, 32 et 82 Logements du chef-lieu. Construites anarchiquement et sans aucune harmonie ça et là sur des terres agricoles sans aucune étude, ces cités ont complètement déformé cette ville qui était autrefois la perle de la Mitidja. A la cité Chabani, on parle de risques de maladies à transmission hydrique (MTH) depuis les dommages causés à la conduite des eaux usées. Les constructions illicites, elles, sont légion aux Issers. Comme à la cité dite Lotissement qui longe l’axe routier menant vers Timezrit, des habitations d’autogestion implantées au village agricole. L’habitat précaire se concentre surtout sur le bas-côté d’Isser-ville, une paisible et petite agglomération qui a été construite pendant la colonisation française. Là encore, on assiste à un véritable désastre urbain. Les constructions illicites et les bidonvilles implantés sur des terrains fertiles font le décor. Pour le P/APC, ces problèmes sont hérités de l’assemblée sortante. Il est utile de souligner dans ce cadre que l’on n’a pas connu de bilans positifs depuis au moins dix ans à Isser. L’ex-P/APC FLN a fini son mandat avec un bilan horriblement vide, tout comme son prédécesseur du FFS, vous diront les habitants de la commune.

Inévitablement le chômage

Dans cette commune, le taux de chômage avoisine les 50%. « Les seules activités qui restent à portée de la main sont les travaux saisonniers de la terre, faute d’entreprises ou autres projets pouvant absorber le chômage », fulmine un jeune de la localité. « Je n’ai ni souvenir ni avenir. Ma vie, je l’ai passée au noir, et je n’ai qu’une motocyclette que j’ai achetée au noir. Ecrivez-le, je vous en supplie... », se lamente Mohamed. Allez voir en face de la cité coopérative « el hafioune dar hala » ( la drogue fait des ravages), enchaîne Sofiane en évoquant l’absence des autorités. Les autres tuent leur temps dans les cafés tout en nourrissant l’espoir de se voir recrutés un jour par le nouveau P/APC. D’ailleurs, on dit de lui qu’il a recruté beaucoup de jeunes. « Nous avons pu recruter 450 chômeurs dont 150 sur le budget communal, en dépit du préjudice fiscal de notre APC », indique M.Chetta. Mais, en dehors de cela, l’APC n’a rien à offrir tant que la situation économique du pays est incertaine. « Nous avons inscrit un projet d’extension de la zone d’activité et programmé l’installation d’un groupe industriel de produits pharmaceutiques qui emploiera au moins 500 ouvriers », ajoute-t-il. L’unité de produits pharmaceutiques et d’hygiène corporelle (Socothyd) qui emploie plus de 680 travailleurs et la société de production de biscuits (Isser Délice) qui fait travailler quelque 200 ouvriers restent les seules entreprises performantes de la commune. Par ailleurs, malgré ses riches plaines, l’agriculture est simplement abandonnée par les habitants de cette région. L’agriculture est morte. On parle du manque d’engrais. La semence est déjà problématique. L’Etat n’aide plus les fellahs, crient quelques agriculteurs à l’unisson. « Du temps de l’occupation française, ces terres nourrissaient même les Européens », assène un ex-fellah ridé et courbé sous le poids des années et de la misère. Aujourd’hui, cette activité se limite aux champs de vigne et aux cultures spéculatives tels le melon et la pastèque. Même le tabac qui autrefois était cultivé dans la région n’est plus visible dans les champs. Les résultats de cette situation commencent à se faire sentir à l’échelle nationale et une vraie politique agricole est plus que nécessaire.

Tamlakmet, un autre village perdu

Tamlakmet, un petit village situé à trois kilomètres environ au sud des Issers, est abandonné depuis des années par ses habitants, après avoir été marginalisé par les autorités et isolé par les eaux des oueds en hiver. Aujourd’hui, il est occupé à nouveau par les habitants venus de Djelfa et de M’Sila, apprend-on auprès de quelques citoyens. « Nous n’avons que de l’électricité, sans plus, pas d’éclairage public bien sûr », nous dit un habitant du village. Ainsi, ces habitants vivent dans l’isolement et un dénuement des plus absolus depuis l’effondrement du pont desservant leur village, au milieu des années 1990. « Pour traverser l’oued en hiver, nous sommes toujours obligés de chausser nos bottes ou nos shorts. Les filles, elles, ne peuvent s’y risquer », explique Rabah qui a quitté le village depuis deux ans. Ceux qui restent n’ont pas trouvé, selon lui, où aller. Ils s’occupent forcément du travail de la terre. « Tous les maires qui se sont succédé à l’APC ont promis la reconstruction du pont, en vain. L’actuel n’est pas revenu depuis des mois, pourtant il a filmé notre village pour mieux voir dans quelles conditions nous vivons, tous nos problèmes », disent les habitants. A chaque fois que nous venons réclamer la reconstruction du pont, on nous invoque le barrage, un projet qui est pourtant « tombé à l’eau » depuis des années. Le calvaire dont souffre ce village illustre parfaitement la gestion défaillante des responsables locaux, toutes tendances confondues. C’est pourquoi plus personne ne croit aux promesses, à plus forte raison lorsqu’elles sont faites à la veille des échéances électorales.
source : el WATAN
Ramdane Koubabi


Les Issers rendent hommage aux martyrs

Pour la commémoration de la Journée du chahid, étaient présents les P/APC des communes relevant de cette daïra, ainsi que des veuves et des enfants de chouhada et des moudjahidine .

Des témoignages bouleversants ont été révélés sur des vérités historiques qui sont ignorées par la nouvelle génération. Ainsi, il a été question de l’élaboration de la liste des martyrs, morts lors du bombardement du 7 novembre 1959 du lieudit El Ghar Yahmane. D’après Ali Bouafir, un moujahid que l’on considère comme étant l’un des rares témoins qui ont assisté aux événements, 21 martyrs sont morts et demeurent, hélas, ensevelis à ce jour. Celui-ci interpelle les autorités compétentes à exhumer les restes de ces martyrs afin de les inhumer au carré des chouhada.


Salle Afrique des Issers (Boumerdès)

Salle Afrique des Issers (Boumerdès)
Une importante infrastructure délaissée
L’état critique dans lequel se trouve la salle de théâtre Afrique de la commune des Issers renseigne clairement du peu d’intérêt accordé par les pouvoirs publics à la chose culturelle.

Considérée comme l’une des plus grandes infrastructures culturelles de toute la wilaya, cette salle traîne, hélas, dans l’oubli depuis plus de cinq années. Cette salle qui a été « inaugurée en 1930, à l’occasion du centenaire du colonialisme français en Algérie » symbolisait autrefois la culture et l’art cinématographiques dans cette commune de l’est de la wilaya de Boumerdès. Ainsi, elle abritait depuis l’indépendance jusqu’à la fin des années 1980, les rencontres officielles et autres manifestations culturelles et artistiques. Dès lors, une somme d’un milliard avait été dégagée durant le début des années 1990 pour son réaménagement, a-t-on appris de sources sûres. Par ailleurs, après le séisme de 2003 qui l’a sérieusement endommagée, cette salle a bénéficié d’une somme de 5 milliards de centimes pour sa réhabilitation. Néanmoins, seule une partie aurait été affectée en 2005 pour y mener les premiers travaux de confortement. Lesdits travaux se sont arrêtés peu de temps après, sans qu’aucun motif convaincant ne soit avancé, indique notre source qui parle de la possibilité de sa transformation en un théâtre régional dans le proche avenir. Ainsi, en disputant l’offre, les entreprises boiteuses engagées par la tutelle semblent avoir mal accompli leur mission de mener à bien le projet de réhabilitation. Le premier bilan de cette opération n’est guère reluisant. Ce qui laisse supposer que tout est à revoir dans les travaux de confortement de l’édiffice. En effet, ce patrimoine communal a fait jusque-là l’objet d’une restauration « expéditive et non étudiée ». Faute d’entrepreneurs spécialisés dans la restauration de ce genre d’édifices patrimoniaux, des pans entiers sont altérés par l’usage anarchique de béton, constate-t-on sur place. L’opération n’a pas été du tout circonspecte et les nouveaux textes régissant le patrimoine n’ont pas été respectés par les parties concernées. Une partie du périmètre extérieur de ladite infrastructure est squattée en toute impunité par des particuliers, lesquels y ont érigé des locaux commerciaux. Aujourd’hui, après l’octroi d’une autorisation des autorités locales, les membres de la section locale de l’UNJA, qui occupent deux petites salles, essayent tant bien que mal de revaloriser cet espace délaissé. Ceux-ci mettent plus de mille livres à la disposition des enfants scolarisés de la commune. Quand bien même positive est cette présence, aucune association ne devrait accaparer un espace public, commentent de nombreux citoyens qui voient là une « démission des responsables locaux ». Les lycéens, que nous avons rencontrés sur place se disent, « indignés tant cet espace pouvant jouer un rôle vital dans l’épanouissement de leur quotidien est à l’abandon ». De leur part, les dirigeants de l’association Cirta ne cessent de réclamer un réel réaménagement de cette salle en vue de faire renaître les journées théâtrales d’antan. Dans ce sens et compte tenu de la valeur et l’utilité de cette « salle-patrimoine », sa mise en valeur et sa conservation relèvent désormais des priorités. Interrogé, l’actuel directeur de la culture de la wilaya nous a dit qu’il a « tout fait pour la réouverture de cette salle ».

Ramdane Koubabi
source : El Watan

Quelques photos de la salle d'afrique

BOUMERDÈS -Manifestations devant le siège de la wilaya

Près de 300 citoyens ont observé hier un rassemblement devant le siège de la wilaya. Il a fallu l’intervention des forces anti-émeutes dépêchées sur les lieux pour disperser la foule en l’exhortant de se tenir loin de la rentrée principale de la wilaya. Dans la foulée, 8 personnes ont été interpellées. Deux ont été relâchées quelque temps après tandis que les autres ont été maintenues en garde à vue.Ces manifestants, en majorité des sinistrés relogés, demandent que l’Opgi cesse de les poursuivre pour non-paiement des loyers.Ces derniers sont destinataires de nombreuses mises en demeure de l’Opgi pour leur refus de payer le loyer, explique-t-on. En fait, il s’agit des sinistrés du séisme du 21 mai 2003, ayant bénéficié d’un relogement, et qui demandent encore de bénéficier de l’aide à l’acquisition de leurs logements. Par cette doléance, ils veulent éventuellement passer du statut de locataire à celui de propriétaire. Cette aide est estimée à 100 millions de centimes. Une revendication jugée non réglementaire par la wilaya, du fait que la loi n’autorise pas le bénéfice de différentes formules d’aide, à savoir l’aide au relogement (c’est leur cas), l’aide à la reconstruction et l’aide à l’acquisition. Cependant leur revendication, à l’instar de celle de tous les Algériens, est justifiée par leur situation socio-économique. Ces manifestants se qualifient de «sinistrés réduits au chômage». De ce fait, ils ne peuvent honorer les différentes charges en plus des redevances du loyer qui, pour rappel, varient entre 3000 et 4000DA, selon le type de logement.En outre, ces manifestants affirment que leur cas ne relève pas du social, mais plutôt des sinistrés. Certes, relogés, mais ils espèrent devenir propriétaires de leurs logements par la formule de location-vente auprès de l’Opgi avec évidemment le soutien des pouvoirs publics. Le beurre, l’argent du beurre, la femme du laitier et pourquoi pas la fille de la bergère?Selon un communiqué des services de la wilaya de Boumerdès, toute la réglementation a été expliquée à ces citoyens dont les représentants ont été reçus plusieurs fois à la wilaya. A titre de rappel, ces derniers seront à leur dixième rassemblement depuis leur relogement. Ils sont venus de différentes communes, respectivement Bordj Menaïel, Boumerdès, Beni Amrane, Corso, Boudouaou, Ouled Moussa et Zemmouri.A chaque fois, il leur a été précisé clairement que leur revendication ne peut être satisfaite. Cependant, ces derniers ne cessent de monter au créneau. Ces manifestants ont également saisi à de nombreuses reprises les autorités centrales, notamment le chef du gouvernement et le ministère de l’Habitat, qui les ont à chaque fois orientés vers la wilaya.Toutefois, les protestataires continuent de mettre en avant leur revendication par le biais des sit-in et rassemblement…
Med BOUFATAH

Informations

Isser-infos
Une cérémonie a été organisée mardi à la Zaouia Sidi Abderahmane Ethaalibi aux Issers (wilaya de Boumerdes) en l’honneur de la dixième promotion de récitants du Saint Coran, qui compte 14 récitants âgés entre 14 et 20 ans, originaires des wilayas de Médéa, Alger, Bouira et M’Sila. Cette occasion a donné lieu à des conférences animées par les docteurs Said Bouzidi et Abdelhamid Sekai sur "l’enseignement coranique en Algérie" et "les constantes nationales et la langue arabe". Dans une rétrospective, d'autres intervenants, dont un représentant de l’association des Oulémas algériens, ont mis en valeur la vie spirituelle du Cheikh Said Cherifi, au nom duquel a été baptisée cette promotion des apprenants du saint livre. On doit à cet érudit originaire de la région du M’Zab, qui a laissé un riche patrimoine spirituel, la formation de nombre d’hommes de cultes. En reconnaissance de ses qualités humaines et de son œuvre, le Président de la République, Monsieur Abdelaziz Bouteflika, lui avait rendu visite en son domicile avant sa mort en 2004. Par ailleurs, des chants religieux ont été déclamés, en cette occasion, outre un concours organisé au profit des récitants du Coran, dont les lauréats ont été honorés. Ouverte en 2000, cette école coranique est considérée comme unique en son genre à l’échelle de la wilaya, selon le gestionnaire de cette Zaouia, Cheilk Mohamed Imam, qui signale que ce lieu cultuel est fréquenté par des jeunes gens de tous âges, issus de plusieurs régions du pays.



LE PATRIMOINE DES ISSERS DÉLAISSÉ

Construite en 1930 et classée patrimoine communal, cette ancienne salle de cinéma de plus d’une cinquantaine de places, a été sérieusement endommagée par le séisme du 21 mai 2003. Ce qui a aggravé son délaissement. Les membres de la section locale de l’UNJA, que nous avons rencontrés sur place et qui occupent cet espace pour en faire une bibliothèque « avec l’aval des autorités », nous ont déclaré qu’ils rencontrent quand même d’« énormes difficultés ». Ils y ont, en effet, ouvert un espace de plus de 3000 livres qu’ils mettent au service des lycéens et des enfants de cette commune qui enregistre un grand déficit en la matière. Cependant, il a été décidé, lors de la visite de l’ancien directeur de la culture de la wilaya, M. Bekki, en avril 2005, de lancer les premiers travaux de réhabilitation de cette salle chère aux habitants des Issers. Mais peu de temps après, « les travaux se sont arrêtés sans qu’aucun motif convaincant soit avancé ». Face à cette situation, les lycéens que nous avons rencontrés sur les lieux se disent indignés. Ils le sont d’autant plus que cet espace peut jouer un rôle moteur dans le développement et l’épanouissement de la population. Mourad Faïd, président de la section locale de l’UNJA, affirme que « plus de 350 adhérents affluent tout au long de la semaine vers cet espace qui manque de tout ». « Le manque de chaises et de tables ainsi que d’une salle de lecture nous cause moult désagréments », ajoute-t-il. Voulant « récupérer cette salle pour la rendre à sa vocation première et la mettre ainsi au service de toute la population en dehors de toute considération politique », les responsables de l’APC ont intenté un procès aux membres du bureau local de l’UNJA, nous a-t-on dit. Le vice-président de l’APC rappelle que « cet espace culturel est devenu un lieu de rencontres politiques pour les membres de l’UNJA ». Selon lui, trois entreprises entameront les premiers travaux de réhabilitation incessamment afin de remettre cette salle en état pour abriter des activités culturelles, voire des projections de cinéma.

Une bibliothèque créée par des jeunes

La lecture pourrait regagner les esprits. L’exemple qui illustre nos propos est la section locale de l’Union nationale des jeunes algériens (UNJA) qui ne se décourage pas en continuant à enrichir sa bibliothèque depuis sa création en 2004. Celle-ci attire de plus en plus de lecteurs parmi les jeunes de la municipalité. Ce sont deux locaux formant l’entrée du cinéma «l’Afrique» de la ville qu’on a élus comme salle de lecture et rayons de livres. «Nous avons créé cette structure grâce à nos cotisations et aux concours de généreux citoyens à l’image d’un de nos commerçants qui contribue annuellement par trois millions de centimes que nous mettons dans l’acquisition de nouveaux bouquins. La bibliothèque nationale a été aussi d’un apport salutaire», a tenu à nous dire M. Mourad Faid, président de cette association. En effet, on a pu réunir, selon notre même interlocuteur, près de 4 000 livres touchant à des thèmes multiples dans les deux langues française et arabe ciblant tous les goûts. 350 abonnés issus essentiellement des milieux estudiantins et lycéens, fréquentent les lieux. Chacun d’eux participe mensuellement à raison de 100 dinars. Il nous a été donné de constater sur place un engouement appréciable, particulièrement en cette période de vacances scolaires. Pour ce qui est de l’intérêt qu’affichent les autorités locales, notre vis-à-vis ajoute : «L’APC ne nous a pas seulement ignorés mais elle nous a privés du courant électrique et du mobilier. En outre, le P/APC a introduit même une action en justice afin de déloger de cette salle». Rappelons que celle-ci datant de la colonisation fait l’objet de travaux de réfection à l’arrêt depuis deux ans. «Ces travaux qui traînent en longueur ont défiguré l’aspect initial de cette ancien lieu de projection, alors qu’ilf allait opter pour sa restauration pure et simple», soutiennent les animateurs de l’UNJA. Enfin, ces derniers dont on salue le bénévolat et l’abnégation en tentant d’atténuer l’impact d’un vide culturel flagrant qui plane sur cette localité de la Mitidja, n’ont pas omis d’interpeller la ministre de la Culture, Khalida Toumi, par rapport à leurs difficultés d’ordre matériel et financier.

Les difficultés de Chabet El Ameur

D’une superficie de 73 km2 et une population estimée à 35 000 âmes répartie sur une quinzaine de villages, cette localité a été promue, selon M. Zennouche, premier vice-président à l’APC, au statut de commune durant l’ère coloniale (1958).
Cela démontre en premier lieu ses grandes potentialités agricoles qui restent depuis longtemps inexploitées. Il est utile de souligner que cette région, vu la richesse et la diversité de ses produits agricoles, peut être un fleuron de l’économie locale. Aujourd’hui, elle ne dispose même pas d’un marché couvert pour fruits et légumes. Hormis les vastes champs de melon qui font la renommée de Chabet, la plupart des terres restent envahies par les herbes sauvages. Même la culture des arbres fruitiers a régressé. « En raison de la maigre rentabilité de cette activité, les fellahs ne s’occupent plus de leurs terres. Ils s’adonnent par contre à d’autres activités plus rentables », soutient un fellah de la région. Avant d’ajouter que « même les responsables de ce secteur ne se soucient guère des problèmes des fellahs et de l’agriculture ». Résultats : les prix des fruits et légumes comme nous l’avons constaté au marché de cette localité et partout ailleurs augmentent . Dans cette commune le problème de l’eau se pose avec acuité. Selon le premier vice-président « un nombre important de foyers ne sont pas raccordés au réseau d’AEP et toutes les charges inhérentes aux fuites retombent sur l’APC ». Notre interlocuteur n’a pas manqué de soulever à l’occasion, le problème de la deuxième tranche de la somme destinée à l’achèvement des travaux de raccordement aux réseaux AEP du village Amara Soufla et Béni Ibrahim. A une question sur l’exploitation des ressources hydrauliques des 3 retenues collinaires de la commune, notre interlocuteur précise que « parmi les 3 barrages précités, un seul contient de l’eau et les deux autres ne servent plus à rien ». Selon lui, « la direction de l’hydraulique aurait promis leur réhabilitation, mais rien n’est fait pour l’instant ». Par ailleurs, dans cette commune, la crise du logement est un autre problème dont souffre la population locale. En effet, devant la demande élevée en termes de logements, et vu le nombre insuffisant d’habitations, l’APC ne peut satisfaire qu’une infime minorité. « On n’a qu’une quarantaine de logements à distribuer prochainement et un projet de 50 logements en cours de réalisation », dira notre interlocuteur. Pour les 40 logements précités, M. Zennouch soutient qu’« ils devaient être distribués avant le 15 mai 2007 ». Ce qui accentue par ailleurs la crise du logement et bloque ainsi le développement local est, selon notre source, le manque d’assiettes foncières. « Un projet de 200 LSP et d’autres projets ont été annulés à cause de ce handicap », déclare-t-il. Avant d’ajouter : « Le périmètre urbain est saturé, et l’exécutif communal réclame toujours son extension auprès des autorités compétentes. » Il faut signaler que le programme quinquennal de l’habitat rural bute, depuis son lancement en 2005, sur le problème du foncier. Sur 120 demandes accordées aux citoyens, qui ont exprimé le vœu de construire des logements décents, seule une quinzaine a pu entamer les travaux de construction, selon le vice-président de l’APC. Le handicap invoqué n’est autre, selon notre interlocuteur, qu’un problème de terrain. En effet, en l’absence d’un livret foncier, les citoyens habitant les zones rurales ont du mal à entamer leurs projets. Notre interlocuteur ajoute que les litiges familiaux à cause des terres non cadastrées ne sont pas étrangers à cette situation de blocage. Ce responsable n’a pas manqué d’interpeller les autorités concernées pour venir à bout de ce problème qui perpétue la crise du logement dans les régions rurales de cette commune. En outre, les citoyens se plaignent des contraintes qui compromettent la réussite de leurs démarches, notamment la somme de 10 millions de centimes imposée avant l’entame du projet. Au sujet des enveloppes financières affectées au profit de sa commune, notre interlocuteur avance la somme de 10 milliards de centimes. Ce pactole jugé insuffisant est consommé, selon lui, dans le revêtement des routes, l’assainissement et le raccordement au réseau d’AEP de la majorité des villages ainsi que dans la construction de 3 centres de soins.

Source: el watan

INAUGURATION D’UN CENTRE SOCIOCULTUREL A BOUMERDÈS

Un jalon contre la précarité de la femme rurale
L’Association nationale femme et développement rural (Anfedr), l’APC de Tidjelabine (Boumerdès), la direction de la formation et celle de la santé de la wilaya de Boumerdès ont conjointement inauguré un centre socioculturel au village de Talla-Melloul, localité située au piémont de la commune de Tidjelabine dans la daïra de Boumerdès.Ce centre, composé de magnifiques chalets climatisés, est doté de 10 micro-ordinateurs qui seront bientôt reliés au réseau Web, d’un atelier complet de production de pâtisserie et d’une salle de soins. Beaucoup de responsables concernés par les problèmes de la femme rurale et son émancipation entouraient M. Boussaïdi Djillali, le P/APC de Tidjelabine, qui n’a pas lésiné sur ses efforts personnels pour la concrétisation de cette action en direction de ses administrés de la gent féminine. Lors de cette modeste et néanmoins sympathique cérémonie d’inauguration, on a noté la présence de Mme Baya Zitoun, présidente de l’Anfedr et ses collaboratrices, Mme Chergou Akila, directrice centrale au ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels, M. Chaïb Draâ, directeur central au même ministère, et Mme Aït Hamlal, représentant le secteur de la santé de la wilaya de Boumerdès. Cette dernière a promis l’affectation permanente d’un infirmier et de médecins en alternance pour des visites médicales. Dans son intervention M. Arab Nacer, directeur de la formation de la wilaya de Boumerdès, secteur qui prendra en charge le volet pédagogique de cette structure, a promis d’apporter son soutien aux sortantes des futurs stages pour les aider au niveau de l’Agem à constituer des dossiers de demande de microcrédits permettant aux femmes de lancer leur propre activité. De son côté, M. Rabah Saboundji, directeur du CPFA, à qui échoit l’obligation d’affecter les formateurs, n’a pas omis de nous rappeler que son établissement est présent dans des localités isolées pour dispenser le savoirfaire aux femmes leur permettant d’intégrer le circuit économique. Il cite le cas du hameau de Aït Salem, situé à la lisière de la grande forêt de Djerrah dans la commune de Ammal où des formateurs de son établissement se rendent régulièrement pour aider des femmes à acquérir un savoir-faire économique qui pourrait les rendre moins dépendantes des autres membres de leurs familles. Pour leur part, les jeunes filles et les dames présentes à la cérémonie de Talla Melloul, dont la majorité préfère pouvoir suivre la formation dans la filière informatique. Amel, 23 ans, nous confiait : «Mon frère m’a promis de m’acheter un micro après formation. Donc, ce centre est une aubaine pour moi ainsi que pour les filles des villages de pouvoir sortir et apprendre. Vous savez en ces temps, l’analphabète c’est celui qui ne maîtrise pas l’outil informatique.» Le groupe de femmes n’a pas manqué de saluer cette initiative de l’association, de l’APC et de la direction de la formation.Abachi L.

Impatience à Sidi Daoud

Dans la commune de Sidi Daoud, 40 km à l’est de Boumerdès, des logements, dont la construction a été achevée depuis des mois, n’ont pas été attribués. Les sinistrés et les citoyens postulants pour le logement social sont las d’attendre, nous disent-ils. Pour les 100 logements destinés aux sinistrés du séisme du 21 mai 2003 et dont les travaux ont été achevés depuis plus d’une année, le P/APC promet, sans toutefois expliquer les retards enregistrés, qu’« ils seront attribués incessamment ». Cependant, les sinistrés sont impatients dans les chalets qu’ils occupent depuis plus de quatre ans. « Nous habitons des chalets très exigus où les conditions de vie sont des plus déplorables », dira un sinistré. Concernant les 60 logements sociaux dont une vingtaine est achevée depuis 2001, notre interlocuteur précise qu’après le mécontentement de quelques citoyens à l’égard de la liste des bénéficiaires, manifesté il y a deux mois, celle-ci fait l’objet d’une enquête menée par une commission de la wilaya. « Cette dernière rendra publique la liste définitive des bénéficiaires dans les jours à venir », ajoute-t-il. Par ailleurs, le P/APC déplore au passage l’arrêt, depuis deux ans, des travaux du projet des 70 logements OPGI implantés au village Sahel Boubarak.

source: el watan

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